Par Me CHERISSON SALOMON, Avocat
Tôt ce matin, le 03 janvier 2026, l’armée américaine a mené une attaque armée contre la Caracas et aurait capturé le président Nicolas Maduro et sa femme rapporte Washington. Cette attaque armée aurait eu lieu suite aux chefs d’accusations de trafiquant de drogue et de terroriste reproché Président Maduro par le président Donald Trump. Cette intervention militaire américaine fait un branle-bas à l’échelle internationale, peut redéfinir l’ordre mondial et ouvrir l’accès aux autres pays des grandes puissances d’intervenir militairement dans des affaires internes de petits États. Recourir à la force ou aux armes est défendu par la charte des Nations Unies de 1945. Je qualifie cette attaque comme une attaque contre la révolution bolivarienne et contre les efforts consentis du peuple venezuelien pour faire de leur pays ce qu’il est d’aujourd’hui. J’apprends géopolitiquement quand un pays est puissant c’est lorsqu’il vole militairement ou avec force les ressources d’un autre pays, mais non d’utiliser les siennes. Attaque armée spectaculaire et de grande envergure contre Maduro par l’armée américaine aurait été faite dans l’idée non seulement de pouvoir contrôler des ressources pétrolières du Venezuela, mais aussi de reprendre le contrôle de l’hémisphère occidentale dans l’Amérique du sud. Le venezuela est le deuxième pays de production de pétrole après l’Arabie saoudite et je pourrais même dire qu’il est le Singapour de l’Amérique Latine.
Cette intervention militaire n’est-elle pas en violation avec des principes du droit international? Un État est-il autorisé d’intervenir militairement dans un territoire d’un autre État? Un président d’État peut-il être arrêté par un autre Chef d’État? Que dit l’ONU à cet effet?
En droit international, il y a le principe de non-usage de la Force. La charte des Nations Unies dans son article 2-4 dispose que :
Les Membres de l’Organisation s’abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l’emploi de la force, soit contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout Etat, soit de toute autre manière incompatible avec les buts des Nations Unies
La Charte de l’ONU créée pour prévenir les guerres et déjouer les menaces ou atteintes à la paix, l’ONU prohibe fondamentalement l’usage de la force «soit contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout État. Cet usage est en revanche licite lorsqu’un État, en situation de légitime défense, riposte à une agression (Charte art. 51). Il l’est également lorsque l’organisation elle-même conduit des opérations de maintien de la paix. C’est-à-dire, en dehors des cas de légitime défense (art.51) ou d’une autorisation du Conseil de sécurité, tout recours à la force contre un Etat souverain est prohibé.
Dans ce cas actuel du Venezuela, aucune résolution de l’ONU n’autorise cette opération, il n’est, non plus, établi que les États-Unis aient été menacés par le Venezuela qui pourrait permettre aux USA de riposter militairement comme édicté à l’article 51 de cette charte. Donc, l’opération américaine pourrait constituer une violation du droit international coutumier et conventionnel. Cette action n’a rien à voir à la légitime défense et ne cadre pas aux principes de la souveraineté des Etats et la non-intervention.
· Sur la légitime défense
Le recours à la force peut être justifié en légitime défense si un Etat est attaquée. Ce recoud doit cependant, être nécessaire, proportionné, basé sur une attaque armée et existante. Dans le cas de Venezuela, aucune attaque publique directe contre les Etats -Unis n’a été faite ni prononcée. L’opération américaine visant à renverser le pouvoir de Maduro est illégal.
· Le principe de la souveraineté et la non-intervention
Le droit international reconnait la souveraineté absolue des Etats et interdit l’ingérence dans les affaires internes. Donc, chaque Etat est souverain. Et l’Egalité souveraine des Etats et la non-ingérence dans les affaires d’un autre État sont l’un des principes fondamentaux. Cette égalité est garantie par la Charte de l’ONU en son art. 2- 1.
La capture d’un chef d’Etat étranger sur le sol national, sans consentement, est considérée comme une ingérence grave et même un enlèvement. Car, l’autonomie des états et le prince de non-intervention sont fondamentaux dans les conventions internationales.
· L’immunité des Chefs d’Etats
Les chefs d’Etats en fonction bénéficient d’une immunité ratione personae, qui les protège contre les arrestations et poursuites à l’étranger. Cette immunité subsiste même face à des accusations graves. Par conséquent, l’opération militaire menée a la capture du Président Mauro pourrait non seulement constituer une violation de son immunité, renforçant le caractère illégal de l’action au regard du droit international, mais aussi un enlèvement d’un chef d’Etat en fonction d’un pause souverain. Cela doit interpeller les Etats membres de l’ONU en vue de prendre des sanctions contre les USA si la charte de l’ONU n’est pas un outil crée au profit des grandes puissances au détriment des petits Etats.
Que font des pays qui se disent alliés du Venezuela suite à cette opération menant à l’enlèvement du président Maduro ? Si les Etats-Unis ne sont pas sanctionnés pas pour cette opération armée, celle-ci aura des conséquences sur l’ordre mondial, des impacts sur les relations diplomatiques, sur la paix et la sécurité internationales et permettra l’affaiblissement du système multilatéral de l’ONU.
En guise de conclusion, Je finis par comprendre que le système de l’ONU n’ est qu’ un document idéal pour les petits Etats. L’Egalité et la souveraineté des Etats Unis prônées par cette charte demeurèrent une fiction pour les Petits pays. Ces derniers devraient avoir des relations diplomatiques basées sur des intérêts bilatéraux avec les grands pays comme ils ne peuvent pas fonctionner en vase claus, mais leurs meilleurs alliés devraient être leurs dirigeants et leur peuple. Là où la coopération internationale demeure floue, on ne peut pas compter sur les alliés.
Que cette action militaire américaine sur le territoire venezuelien soit une dernière action mettant fin à l’ ingérence ou à l’usage des forces armées des grandes puissances sur les Petits États !
Me CHERISSON SALOMON
Avocat
Montréal, le 03 janvier 2026

