Négociations secrètes : le gouvernement pactise-t-il avec les terroristes ?

La scène est surréaliste : après des mois d’opérations musclées menées par la PNH et le MSSA, après des quartiers entiers vidés de leurs habitants, après des familles arrachées à leurs maisons, ce n’est pas l’État qui annonce la fin de la terreur, mais un chef de gang. Le porte-parole de « Viv Ansanm » proclame, d’une voix triomphale, que la population peut désormais rentrer chez elle.

Quel pouvoir, quelle autorité détient-il pour décider du sort de milliers de citoyens ? Et surtout, pourquoi aujourd’hui ? Aucune grande victoire policière n’a été enregistrée, aucun affrontement décisif n’a changé la donne. Alors, qu’est-ce qui explique ce brusque geste d’« ouverture » de la part de ceux qui, hier encore, imposaient la terreur ?

La question s’impose : qu’est-ce que le gouvernement a concédé dans l’ombre pour obtenir ce résultat ?
Est-ce un marché ? Une trêve arrangée pour faciliter le référendum annoncé ? Un compromis honteux où les gangs auraient finalement obtenu ce qu’ils réclament depuis des années : reconnaissance, pouvoir et influence politique ?

Si tel est le cas, le danger est immense. Car en pactisant avec des criminels, le pouvoir renforce leur légitimité, banalise leurs crimes et condamne la population à vivre sous la loi des armes. C’est un précédent dangereux qui fait de l’État non pas le garant de la justice, mais le complice de l’impunité.

Le peuple, lui, ne s’y trompe pas. Il sait que cette « paix » décrétée par des bandits ne vaut rien si elle repose sur le silence honteux des autorités. Car une paix négociée avec des criminels est toujours une paix provisoire, fragile, et payée au prix fort par les citoyens les plus vulnérables.

Alors, osons poser la vraie question : Haïti est-elle encore dirigée par un gouvernement, ou désormais par un cartel de gangs légitimé par des accords secrets ?

La Rédaction