Cette année encore, la rentrée des classes n’a pas le goût des cahiers neufs ni des uniformes repassés. Elle a le goût amer de l’exil, de la peur et du désespoir. Dans un pays où chaque quartier devient un champ de bataille, des milliers de parents et d’enfants sont condamnés à errer, déplacés par la violence aveugle.
À Solino, à Bèlè, à Cité Soleil, à Mirbalais, à Savien, à Liancourt, à L’Estère, à Saudo… partout, les mêmes scènes : familles entassées dans des abris précaires, enfants qui devraient apprendre à lire mais qui apprennent à survivre. Les sacs d’école sont remplacés par des baluchons, les crayons par des larmes, les cahiers par des murs de fortune dressés contre la peur.
Cette rentrée est celle de l’exclusion. Exclusion de l’école. Exclusion de la dignité. Exclusion du futur. Pendant que d’autres enfants, ailleurs, retrouvent leurs pupitres et leurs rêves, les enfants haïtiens déplacés se voient voler leur droit le plus élémentaire : le droit à l’éducation.
Un pays sans école est un pays sans avenir. Mais qui s’en soucie vraiment ? Quand les fusils dictent la loi, les salles de classe se taisent. Quand la peur devient le quotidien, l’espérance se meurt.
Aujourd’hui, la rentrée des classes n’est plus une promesse de savoir : elle est le symbole d’une nation qui s’effondre et d’une jeunesse assassinée dans son droit le plus sacré. @Ameriqueinfo7

