La Coalition des Organisations de la Société Civile (COESCI) plaide en faveur de la mise en place d’une commission de médiation pour aider à la résolution de la crise.

Pendant ces 10 dernières années, le pays est caractérisé par de graves crises politiques qui ne sont pas sans conséquences drastiques sur l’existence de la population. Tous les secteurs en font les frais. L’Etat est failli et se montre incapable d’assurer même minimalement les services de base. L’insécurité, prenant de plus en plus de proportion, favorise l’industrialisation du kidnapping qui ruine, décapitalise et détruit les familles, notamment celles de la classe moyenne et de la masse.
À partir du 7 juillet 2021, avec l’assassinat du feu Président Jovenel Moise, une nouvelle couche vient s’ajouter à la crise. La lutte pour occuper l’espace du pouvoir a pris une nouvelle dimension. Ce qui se traduit, plus de 7 mois après le drame, par une amplification de la crise dont les effets dévastateurs font du quotidien des citoyen.e.s un véritable enfer. Le pays est sur le bord de l’effondrement et l’inquiétude (voire la peur) s’installe et/ou se lit sur tous les visages.
Face à cette situation, plusieurs accords de plusieurs groupes d’acteurs ont vu le jour. Cependant, malgré le mérite des uns et des autres, aucun de ces accords n’a à lui seul tous les ingrédients nécessaires pour juguler la crise. Et, comme l’exigent plusieurs secteurs et acteurs, seul un accord global, obtenu selon une démarche inclusive et non-partisane, peut aider à sortir de la crise. Un chemin, pourtant indispensable, mais jusqu’ici difficile à emprunter par les protagonistes malgré les discours encourageants.
Devant un tel fait, la Coalition des Organisations Engagées de la Société Civile (COESCI) plaide en faveur de la mise en place d’une commission de médiation dont la mission sera de réunir tous les acteurs autour d’une même table en vue de trouver le consensus global tant attendu. Comme il a été clairement indiqué dans la note de presse du 31 janvier de la COESCI, la commission pourrait être composée du Sénat de la République qui, aujourd’hui, est la seule entité politique dans le pays détenant un minimum de légitimité ; de l’église ; du secteur vodou ; d’un représentant de la diaspora, de l’université à travers la CORPUAH, le secteur syndical et tout autre acteur ou secteur jugé important. Compte tenu de la réalité qui est la nôtre en Haïti, la communauté internationale, à travers le CORE Groupe, pourrait déléguer un représentant qui y jouera le rôle d’observateur pendant tout le processus.
La COESCI, qui prône une « transition tèt ansanm » ne cessera jamais de rappeler que cette crise doit être perçue comme une nouvelle opportunité qui s’offre au pays pour qu’il se réconcilie avec lui-même et mettre en place les balises nécessaires à son développement. Les acteurs doivent être conscients que la qualité des élections qui seront réalisées est tributaire de la qualité du dispositif de sortie de crise adopté. Toute solution non inclusive ou boiteuse risquera de conduire à des élections contestées et des élus contestés qui ne feront qu’aggraver la situation. Et ce sera foutu pour le pays !

Section communication de la COESCI

Gaspard Augustin
Coordonateur

Salvadine Printemps
Porte parole

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